Greenpeace Belgique, Bond Beter Leefmilieu et Dryade font appel devant le Conseil d'État contre le « Plan d'exécution spatiale régional de la rue de conduite Glabbeek-Halen », approuvé par le gouvernement flamand cet été. Ce PRAS prévoit la construction d'une rue de conduite visant à l'expansion de l'infrastructure de gaz naturel en Limbourg à court terme. Mais il n'a pas été examiné si cette expansion est nécessaire ou si elle entrave la transition climatique.
Ce PRAS a été lancé en 2020 avec un double objectif de planification. Le premier objectif vise à la construction d'un pipeline de gaz naturel pour l'approvisionnement énergétique.
Angelos Koutsis de Bond Beter Leefmilieu déclare que “des données publiques indiquent que ni dans la province de Limbourg, ni en Belgique en général, il n'y a besoin d'infrastructure de gaz naturel supplémentaire. Au contraire : entre 2021 et 2023 a diminué la consommation de gaz naturel en Belgique de 20 %, et de nombreuses initiatives politiques ont été prises pour orienter vers la sortie du gaz fossile. De plus, plusieurs études de, entre autres, la Commission européenne et la SPF Économie indiquent qu'il y aura une forte baisse de la demande de gaz d'ici 2040, en raison de la transition énergétique. Tous ces développements n'ont pas été pris en compte lors de l'approbation de ce PRAS.”
Le deuxième objectif vise l'expansion d'un réseau de conduites qui pourrait à long terme servir au transport de « gaz verts », comme l'hydrogène. ”Cependant, ces derniers temps, une étude scientifique après l'autre montre que le potentiel de l'hydrogène renouvelable en tant qu'alternative aux combustibles fossiles a longtemps été fortement surestimé”, dit Mathieu Soete de Greenpeace. “Ces études montrent que l'utilisation d'hydrogène renouvelable coûteux et rare n'est sensée que pour un nombre limité de processus industriels. Sur la base des dernières connaissances scientifiques, il est donc très incertain que cette infrastructure pour des gaz plus durables soit réellement nécessaire”.
Enfin, note Elias Van Marcke de Dryade que “les investissements dans l'infrastructure pour les combustibles fossiles peuvent entraîner un effet de verrouillage ou des actifs échoués, qui retardent les investissements nécessaires dans un système basé sur l'énergie renouvelable. De plus, une expansion supplémentaire de l'infrastructure de gaz fossile toucherait principalement les ménages vulnérables. Car si la demande de gaz fossile ou le nombre d'utilisateurs du réseau continue de diminuer, comme prévu, cela entraînera une forte augmentation des tarifs de réseau pour les utilisateurs restants. Une infrastructure de gaz fossile de plus en plus étendue doit être remboursée par de moins en moins de consommateurs, ou le gouvernement devra intervenir. Cela crée un cercle vicieux, où des tarifs de réseau plus élevés incitent les utilisateurs à se détourner du gaz, ce qui entraîne une augmentation encore plus forte des tarifs pour les laissés-pour-compte moins fortunés.”
En résumé, la décision du gouvernement flamand de procéder à la construction de cette rue de conduite ne s'inscrit pas dans une transition juste vers une société climatiquement neutre, selon les trois organisations. “Il est grand temps que le gouvernement flamand prenne cette transition au sérieux et l'intègre dans sa pratique de planification et de délivrance de permis.”