Des organisations flamandes, wallonnes et néerlandaises contestent devant le Conseil d'État le permis de Bee Green Wallonia pour une installation de combustion de bois de déchets pollués. La centrale doit fournir de l'énergie à l'usine de ciment de CBR à Lixhe (Visé).
Ils se sont unis en un consortium et craignent que les émissions d'oxydes d'azote et de particules fines – en combinaison avec la pollution déjà existante de l'usine de ciment – ne conduisent à des risques pour la santé des personnes dans la vallée de la Meuse. Ils soulèvent également la question des émissions transfrontalières d'azote sur les zones naturelles, qui sont déjà surchargées aujourd'hui. En cas de décision positive, la Wallonie – après les Pays-Bas et la Flandre – obtiendra également son arrêt sur l'azote.
Deuxième procédure pour le Conseil d'État
La ville de Visé a accordé en janvier 2022 un permis à Bee Green Wallonia pour la construction d'une centrale biomasse sur les terrains de CBR. Ce permis a été annulé en juillet 2022 par le gouvernement wallon. Bee Green Wallonia a fait appel de cette décision devant le Conseil d'État et a obtenu gain de cause début 2023. Le gouvernement wallon a ensuite approuvé tacitement le permis en juillet.
Un consortium transfrontalier dépose une opposition auprès du Conseil d'État
“Non seulement les citoyens wallons inhaleront l'air pollué, le site se trouve en effet à un jet de pierre des Pays-Bas et de la Flandre,” déclare Jan Vandegoor de la Limburgse Milieukoepel. C'est pourquoi un consortium de 10 organisations des 3 régions se rend à nouveau au Conseil d'État pour faire annuler le permis : Limburgse Milieukoepel VZW (BE), Dryade VZW (BE), Bien vivre en Vallée du Geer ASBL (BE), Défendons nos villages (BE), Visons demain (BE), Stichting Milieu front Eijsden (NL), Milieudefensie Maastricht (NL), Natuur en Milieufederatie Limburg (NL), Vereniging Natuurmonumenten (NL) et 55 professeurs inquiets de l'Université de Maastricht (NL).
Un arrêt sur l'azote wallon en préparation
Le consortium met l'azote en avant comme principal argument. “Les zones naturelles wallonnes, flamandes et néerlandaises autour du site de Bee Green Wallonia sont en mauvais état en raison d'un excès d'azote. La centrale biomasse va provoquer des émissions supplémentaires d'azote. Le rapport d'impact environnemental n'a pas suffisamment cartographié l'impact de ces émissions supplémentaires sur les zones naturelles environnantes,” précise Dries Verhaeghe de Dryade.
Les Pays-Bas et la Flandre ont respectivement un arrêt sur l'azote depuis 2019 et 2021. Les conséquences pour l'agriculture et l'industrie provoquent des tensions politiques dans les deux régions. En Wallonie, la problématique n'est pas encore en haut de l'agenda. En cas d'annulation du permis, cela changera.
En attendant un jugement du Conseil d'État belge, les associations réfléchissent à d'éventuelles actions supplémentaires pour protéger la nature et la santé publique dans cette région frontalière.