Bond Beter Leefmilieu, Natuurpunt, WWF, Velt et Dryade mettent aujourd'hui le gouvernement flamand en demeure. La réglementation flamande sur les pesticides enfreint depuis plus de dix ans la directive européenne sur les habitats et les pesticides. Dans l'intérêt des citoyens et de la nature, des zones tampons importantes doivent d'urgence être créées autour des maisons, des écoles, des crèches et des zones de nature et d'extraction d'eau. On estime ainsi que 35 % de la Flandre sera sans pesticides. Les organisations donnent au gouvernement flamand un mois pour aligner les règles flamandes sur la réglementation européenne.
Aujourd'hui, les cinq organisations de nature et d'environnement mettent le gouvernement flamand en demeure car la réglementation flamande sur les pesticides est en contradiction avec la directive européenne sur les pesticides. “La Belgique est, après les Pays-Bas, le plus grand consommateur de pesticides en Europe,” déclare Iliana Janssens du WWF.
Ces dernières années, de plus en plus de recherches ont été publiées sur la large diffusion des pesticides et leur influence néfaste sur la nature et la santé. “Récemment, l'étude 3xG de VITO a révélé de fortes valeurs de pesticides chez les enfants flamands. Des recherches dans des zones naturelles allemandes et néerlandaises montrent que le nombre d'insectes a diminué de 75 % en 27 ans. L'utilisation excessive de pesticides s'avère être l'une des principales causes,” précise Jos Ramaekers de Natuurpunt.
Les associations de nature et d'environnement ont trois exigences pour le gouvernement flamand. Tout d'abord, elles demandent une évaluation des effets de l'utilisation des pesticides dans ou près des zones de la directive habitats. Une telle évaluation implique que les pesticides ne peuvent être utilisés que si la nature n'en souffre pas. L'Europe exige depuis 2004 une telle évaluation pour toutes les activités susceptibles d'avoir un impact sur la qualité de ces zones naturelles.
De plus, la directive européenne sur les pesticides impose des mesures pour interdire ou réduire l'utilisation de pesticides dans les zones de captage d'eau et les zones Natura 2000. Cela est essentiel pour protéger la qualité de l'eau et la nature. L'obligation existe depuis 2011, mais le gouvernement flamand a omis de faire le nécessaire. Le Conseil d'État français a contraint la France en 2021 à prendre ces mesures. Les organisations exigent les mêmes mesures du gouvernement flamand.
Enfin, des zones tampons plus larges doivent être créées pour minimiser les effets sur la vie aquatique, l'homme et la nature. Les zones tampons mesurent aujourd'hui généralement entre 1 et 10 mètres de large, ce qui est insuffisant. Des recherches récentes montrent en effet que les pesticides se propagent jusqu'à 2 à 3 kilomètres. Là encore, la France a été contrainte par le Conseil d'État d'établir des zones tampons plus larges.
« En tenant compte de la superficie des zones naturelles et de captage d'eau et de la fragmentation spatiale en Flandre, nous visons au moins 35 % du territoire flamand sans pesticides », déclare Heleen De Smet de Bond Beter Leefmilieu.
Aujourd'hui, la mise en demeure est envoyée au gouvernement flamand. Il a un mois pour accepter l'évaluation des impacts, la réduction et l'interdiction ainsi que les zones tampons. Sinon, une affaire sur les pesticides suivra. Les violations flagrantes et de longue date des directives européennes et de la jurisprudence du Conseil d'État français montrent que les organisations ont un dossier solide.