Ce journal a rapporté mercredi que les enfants de la Kempen ont plus de pesticides dans le sang que la moyenne en Europe (DS 14 septembre). L'étude a été réalisée par l'Institut flamand de recherche technologique (Vito) et le chercheur a apaisé dans l'article qu'il n'y a pas de raison de s'inquiéter, en raison de l'absence de risque aigu. Un ‘risque aigu’ signifie que les enfants tombent ici et maintenant. Il a cependant souligné les effets d'une exposition à long terme, de l'accumulation et du stockage de toxines sur une longue période, et a ajouté qu'une politique de pesticides plus stricte est une nécessité absolue.
L'étude de Vito mentionne l'utilisation de pesticides domestiques et la proximité des champs agricoles comme principales causes des valeurs sanguines. Plus de la moitié des enfants étudiés vivent à moins de 500 mètres des champs de maïs et des prairies, et environ 40 pour cent à moins de 400 mètres d'un champ de pommes de terre. Des études montrent que l'agriculture dans un rayon de 3 kilomètres de la maison est une source d'exposition importante aux pesticides.
Zone tampon de 3 (kilo)mètres
Les mauvais résultats ne tombent pas du ciel. Selon l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la Belgique consomme chaque année 6.130 tonnes de pesticides, ce qui correspond à 7 kilogrammes de pesticides par hectare de terre arable. Seul les Pays-Bas font encore ‘mieux’, avec environ 9 kilogrammes de pesticides par hectare.
La directive sur les pesticides montre la voie vers une politique plus stricte. Les instruments sont répartis entre le niveau politique fédéral et régional. Au niveau fédéral, ce sont principalement des normes de produits qui prévoient des zones tampons de 1 et 3 mètres autour des habitations. Parfois, des zones tampons de 5 ou 10 mètres sont prévues pour des produits spécifiques.
Que ces zones tampons soient trop petites est confirmé par un arrêt du Conseil d'État français du 21 juillet 2021. En France, il existait une réglementation avec des zones tampons de 3, 5 et 10 mètres autour des habitations. Une étude de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments de 2019 recommande une zone tampon d'au moins 10 mètres entre les habitations et les zones où des produits cancérogènes et toxiques sont utilisés, peu importe si les effets sont prouvés, supposés ou présumés. Sur la base du rapport, le Conseil d'État a jugé que les zones tampons existantes étaient insuffisantes et devaient être étendues à 10 mètres. Très limité par rapport aux 3 kilomètres auxquels l'étude Vito fait référence.
En Flandre, la directive sur les pesticides a été transposée dans le Décret et l'Arrêté sur l'utilisation durable des pesticides. La directive et le décret prévoient des mesures dans des lieux utilisés par le grand public ou des groupes vulnérables. L'arrêté interdit l'utilisation de pesticides sur des terrains près des crèches, des écoles, des parcs, des terrains de loisirs et de sport, mais la parcelle résidentielle n'est pas mentionnée.
Pourtant, la maison est l'endroit où les groupes vulnérables comme les enfants et les mères allaitantes passent la majeure partie de leur temps. L'endroit qui devrait bénéficier de la plus haute protection, donc. De plus, l'arrêté prévoit une exception pour les activités agricoles et horticoles. Une exception qui fait lever les sourcils, car elle n'est pas prévue dans la directive sur les pesticides.
Un bel objectif
Dans une précédente contribution d'opinion (DS 13 juin) nous avions déjà parlé de la protection des zones naturelles et des zones d'extraction d'eau contre les pesticides. L'étude Vito démontre une fois de plus que non seulement la faune et la flore, mais aussi l'homme doit être protégé contre l'homme. Le parallèle entre les deux dossiers est que les instruments sont disponibles, mais qu'ils ne sont pas ou très peu utilisés.
La taille de la zone tampon autour des parcelles résidentielles et des terrains utilisés par le grand public est un sujet de discussion. L'urbanisme flamand désordonné revient comme un boomerang. C'est précisément à cause du mélange de zones résidentielles et agricoles que les enfants flamands ont plus de pesticides dans le sang. Ce mélange a également un impact exponentiel sur l'extension des zones tampons. Une zone tampon de 3 kilomètres, cela revient avec notre urbanisme à un Flandre sans pesticides. Un bel objectif, semble-t-il.
Une politique de pesticides plus stricte est donc une nécessité absolue. La jeunesse flamande mérite une jeunesse sans pesticides.