Un front unique d'organisations et d'administrations environnementales flamandes et néerlandaises se dirige vers le Conseil des litiges en matière de permis contre le permis de décharge de Nyrstar. Natuurpunt, Bond Beter Leefmilieu, la Fédération environnementale du Limbourg, Dryade, Natuurmonumenten, l'Office de l'eau De Dommel et onze communes frontalières rejettent que les intérêts économiques continuent de saper la protection de l'eau pure et de la nature vulnérable. Le rejet de sels et de métaux lourds toxiques menace des espèces et des habitats protégés au niveau européen.
Bien que le ministre Brouns ait légèrement renforcé sur papier les normes de rejet pour le chlorure et le sulfate, le problème fondamental reste inchangé. Le permis ignore l'état dégradé dans lequel se trouve la Dommel et l'obligation légale d'amélioration. Alors que le ministre souhaite mettre l'accent sur l'importance des sources d'eau potable propres avec son prochain plan d'eau potable, il permet en même temps qu'une entreprise comme Nyrstar continue de polluer nos cours d'eau les plus précieux avec des pollutions industrielles.
« Les citoyens et les autorités locales ne tolèrent plus cette double norme : nous ne pouvons pas attendre des citoyens qu'ils prennent soin de l'eau, tandis que de grands pollueurs peuvent continuer à altérer la qualité de ces mêmes sources parce que la technologie de purification leur coûterait trop cher », affirment les organisations flamandes.
Limite écologique atteinte
Le rejet de sels tels que les chlorures et les sulfates et de métaux lourds tels que le sélénium et le thallium constitue une menace directe pour la nature protégée en Europe, y compris les habitats du martin-pêcheur, de la lamproie de rivière et de la salamandre à crête. De nombreuses organisations tracent maintenant une ligne claire. À une époque où la biodiversité est en déclin partout, l'intégrité écologique de notre nature doit primer sur le profit à court terme de l'industrie. Le principe 'pollueur-payeur' doit enfin devenir une réalité : « la nature et les riverains ne doivent plus payer le prix du manque de volonté d'investissement de Nyrstar », affirment les parties prenantes flamandes.
Comportement d'attente stratégique au détriment de la Dommel
Les organisations environnementales et de la nature flamandes voient dans la courte durée de la licence jusqu'à fin 2027 une stratégie délibérée de report. Vingt-six ans après la signature de la Directive-cadre sur l'eau, Nyrstar refuse toujours d'appliquer les techniques de purification les plus efficaces. En accordant maintenant la licence pour seulement deux ans, la patate chaude est à nouveau repoussée. Nyrstar obtient ainsi du temps supplémentaire sans que le gouvernement n'impose les investissements nécessaires dans les meilleures techniques disponibles.
Pas de départ, mais propre
Les initiateurs flamands soulignent qu'ils ne visent pas la fermeture du département de recyclage de Nyrstar Pelt. Ils ne veulent pas que cette activité disparaisse, mais qu'elle soit propre. Nyrstar doit enfin investir dans de nouvelles techniques de purification. Le permis de rejet offre une occasion décisive à cet égard.