La province de Flandre-Orientale a supprimé fin juillet la condition climatique du permis de la centrale à gaz de Luminus à Gand. Bond Beter Leefmilieu et Dryade font appel de cette décision auprès du ministre de l'Environnement Jo Brouns. La suppression de la condition de neutralité carbone d'ici 2040 va à l'encontre de plusieurs avis négatifs bien fondés de l'Agence flamande de l'énergie et du climat (VEKA). Cette décision est en contradiction avec la politique climatique et va également à l'encontre d'une bonne gouvernance.
En 2021, Luminus a obtenu un permis de durée indéterminée pour sa centrale à vapeur et à gaz existante. Cela venait avec la condition que la centrale soit neutre en CO2 d'ici 2040. Luminus demande maintenant la suppression de cette condition, arguant qu'elle n'est pas techniquement et économiquement réalisable. VEKA a rejeté cet avis dans un conseil, en raison d'un manque de fondement. Pourtant, la province de Flandre-Orientale accepte simplement la demande de Luminus et supprime cette condition climatique.
“Il est sans précédent qu'un gouvernement supprime une condition climatique cruciale d'un permis sur la base de calculs approximatifs de l'exploitant. Rendre notre approvisionnement énergétique sans fossiles n'est pas seulement bon pour le climat, mais nous déconnecte des régimes autoritaires et renforce notre autonomie stratégique. Luminus ne doit pas obtenir de passe-droit,” réagit Almut Bonhage, experte en politique énergétique chez Bond Beter Leefmilieu.“
Selon Dryade, la procédure en cours est extrêmement préoccupante. “Les avis négatifs très bien fondés de l'agence climatique flamande sont écartés sans raison valable.” déclare Dries Verhaeghe, directeur chez Dryade. “Cela peut créer un précédent nuisible, encourageant les entreprises à abandonner des conditions climatiques importantes. Les centrales à gaz peuvent jouer un rôle dans la transition vers une société climatiquement neutre, mais cela ne doit pas être une excuse pour abandonner nos objectifs climatiques.”
BBL et Dryade appellent le ministre de l'Environnement Jo Brouns à revoir cette décision et à maintenir les engagements climatiques qui ont été établis précédemment.